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    Communiqués de presse / 2004
 
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 Les Producteurs de Légumes de France
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FDSEA Pyrénées Roussillon
04 68 51 39 11
 
 
Perpignan, le 4 octobre 2004
 
 
             Lettre ouverte à Monsieur le Ministre de l'Agriculture
Acte 1 scène 2
 
 
Monsieur le Ministre,

Je suis toujours un agriculteur maraîcher - vigneron de 35 ans sur une exploitation de type GAEC familial, fier de mon métier et des valeurs qu'il représente.
Je m'étais permis, voilà déjà un mois de vous interpeller publiquement, au travers d'une lettre ouverte, sur la situation catastrophique de mon agriculture départementale et plus largement des productions méditerranéennes.
Je dois vous avouer qu'à titre personnel, n'étant pas forcement né de la dernière pluie, je n'attendais aucune réponse de votre part à mon courrier, certainement pas assez politiquement correct à votre goût.
Néanmoins, en tant que responsable agricole départemental et régional, ma colère est grande devant votre mutisme, car quelque part, votre silence radio a répondu clairement à ma question de fond :
La France veut-elle encore d'un midi agricole ?
Etre sacrifié par l'Europe des fonctionnaires et des technocrates était déjà difficile à vivre mais être sacrifié par son propre pays est franchement insupportable.

Monsieur le Ministre, on ne naît pas révolutionnaire, on le devient.
En effet, comment garder son calme, quand jour après jour, les difficultés financières de nos agriculteurs empirent, nous rapprochant un peu plus de l'issue fatale, à savoir le dépôt de bilan.
Comment garder son calme, quand dans l'ensemble vos services, pour justifier leurs propres existences, ne voient dans l'agriculture que des nantis gavés de subventions, des pollueurs sans scrupules ou des râleurs permanents sans projet d'avenir.
Mais pire encore, comment garder son calme, quand nos revendications pourtant essentielles à notre survie sont superbement ignorées dans un contexte économique et concurrentiel déloyal.
Monsieur GAYMARD, le 8 octobre prochain, j'écouterai avec attention votre intervention lors du congrès de la FNPL à Nantes.
Congrès qui sera, j'en suis sûr, extrêmement revendicatif au vu de l'état de santé de la filière légume en France.
Qu'allez vous annoncer publiquement ?
Quelles mesures allez vous prendre pour redonner confiance à un monde agricole en ébullition ?
 
Je l'ignore ou disons que je fais semblant de l'ignorer car votre dernière interview sur la chaîne LCI n'est pas de nature à me réconforter.
Répondre " mesure agriculteurs en difficultés " ou " mesure FAC " à nos revendications, me semble un peu osé.
Car soyons clair, on n'acceptera pas un semblant de saupoudrage, tenant plus de l'effet d'annonce qu'autre chose, qui n'aurait que peu de conséquences financières pour la plupart des agriculteurs, même pour les plus en difficulté.
Avouez plutôt franchement que finalement nos problèmes économiques proviennent quasiment tous des décisions politiques prises par la France ou l'Europe, dans l'ignorance et  le mépris flagrants de nos productions.
Pour preuve la diminution conséquente du poste agriculture dans le prochain budget de votre gouvernement, montrant s'il en était  besoin l'indifférence de la France pour ses paysans surtout ceux " d'en bas ". 
Pour preuve, on nous sacrifie, pour mieux faire les yeux doux à la Turquie, en omettant volontairement les droits de douanes sur ses exportations en Europe, par exemple.
On nous sacrifie aussi, quand pour vendre encore plus de blé, on laisse le Maroc nous envahir de tomates. Frantz Fichler appelant ça la libéralisation réciproque des échanges, moi je préfère parler d'arnaque monumentale pour nous.
Favoriser l'émergence de pays tiers au travers des accords de Barcelone est louable en soi, à condition de ne pas faire disparaître ses propres producteurs.
Je pourrai facilement continuer d'énumérer nos problèmes mais je crois objectivement que vous les connaissez aussi bien que moi.
Alors Monsieur GAYMARD, si vous le voulez vraiment, donnez-nous les moyens financiers d'affronter équitablement sur le marché nos concurrents, veillez sans compromission à l'application stricte des lois existantes et surtout ne faites pas de nous les éternels sacrifiés de la politique agricole, vous ou votre éventuel successeur.

Quant à moi, j'attends toujours des réponses concrètes, satisfaisantes mais surtout urgentes à nos revendications vitales pour notre avenir.
A moins que n'ayons plus d'avenir, auquel cas il faudra nous le dire.

Dans cette attente, veuillez agréer Monsieur le Ministre mes sincères salutations.

 
      Jean Marie Roger
  Secrétaire général de la FDSEA66
                            Responsable légumes FRSEA Languedoc Roussillon
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